2. 1930
à 1967 : le tournoi est en pleine expansion
Jusqu’au début de la 2e Guerre Mondiale,
Roland Garros est dominé par les français. En simple homme, les Mousquetaires
remportent successivement les finales avant de laisser, en 1933, la
victoire au premier étranger vainqueur de Roland Garros, l’américain
John Crawford. Ce dernier sera succéder par le baron allemand Gottfried
Von Gramm, premier joueur étranger a réalisé le doubler en 1934 et 1936.
Coté dame, la française Simone
Mathieu atteint 8 fois la finale du simple entre 1935 et 1939. Il faudra
attendre sa 7e finale pour voir enfin la française triompher.
En
1939, la 2e Guerre Mondiale fait son apparition. Roland Garros
est interrompu pendant 6 ans.
Le
tournoi reprend son activité en 1946. A la surprise générale, c’est
un français, âgé de 32 ans, qui soulève la coupe des vainqueurs en simple
et en double. Maurice Bernard devient ainsi le premier joueur non-tête
de série et gaucher à remporter l’épreuve. Mais, cette victoire reste
une exception par rapport à la domination américaine sur Roland Garros.
Jusqu’en 1955, les États-Unis collectionnent les titres en simple comme
en double. Frank Parker, Tony Trabert, Margaret Osbonne, Maureen Connolly
sont les principaux champions. Mais, la victoire de Tony Trabert en
1955 sera la dernière des États-Unis avant…1989 !
Malgré une domination américaine, les pays de l’est, à la veille
de la Guerre Froide, sont présents. Le hongrois, Jozef Asboth gagne
la finale simple en 1947, idem pour le tchécoslovaque Jaroslav Drobny
en 1951 et 1952.
En
1955, le tennis mondial est pris d’assaut par l’Australie. Roland
Garros n’échappe pas à la domination australienne jusqu’en 1970.
Ken Rosewall (vainqueur en 1953 et 1968 soit à 15
ans d’intervalle), Rod Laver, Margaret Smith, Roy Emerson, Lesley
Turner sont les nouveaux rois de la terre-battue parisienne. En
1962 et 1969, Rod Laver réussit le Grand Chelem (24 ans après celui
de Donald Budge).
Néanmoins, quelques joueurs et joueuses créaient
la surprise durant cette période. C’est le cas de l’italien Nicola
Pietrangeli (1959 et 1961), de la française Françoise Dürr (1967)
et du premier espagnol vainqueur de Roland Garros, Manuel Santana
(1961).
3.
L’avenir du tournoi est en péril
En 1968, le tennis est en révolution.
Il se professionnalise. Roland Garros devient le premier tournoi du
Grand Chelem à s’ouvrir à la fois aux professionnelles et aux amateurs
(Open).
Quelques années plus tard, l’avenir du tennis prend une mauvaise tournure.
Gâté par les récompenses financières de plus en plus importantes, les
joueurs et les joueuses préfèrent les tournois privés (exemple :
le circuit du milliardaire Lamar Hunt) aux tournois de tennis traditionnels
organisés par les fédérations de tennis (Wimbledon, Roland Garros,…).
Ces derniers se retrouvent soudainement en conflit avec les promoteurs
et les joueurs. En 1970, Roland Garros se voit priver des meilleurs
joueurs mondiaux. L’avenir du tournoi vacille. Philippe Chatrier, président
de la fédération Française de tennis, décide malgré tout d’organiser
Roland Garros. Malgré l’absence des plus grands champions, le public
est au rendez-vous et découvre de nouveaux joueurs. Les roumains Ilie
Nastase (vainqueur en 1973), Ion Tiriac, le yougoslave Niki Pilic, le
tchécoslovaque Jan Kodès (vainqueur en 1970), l’ espagnol Andres Gimeno
(le plus vieux vainqueur à l’âge de 34 ans et 10 mois) sont les nouvelles
vedettes de Roland Garros.
En 1973, les meilleurs joueurs mondiaux reviennent.
4. L’ère Borg – Evert
Un
an plus tard, Roland Garros retrouve son prestige. Un jeune suédois
de 18 ans et une américaine de 19 ans créent la surprise. Bjorn
Borg remporte la finale simple de Roland Garros face à l’espagnol
Manuel Orantes. Même exploit pour Chris Evert qui bat la russe
Olga Morozova.
Ces deux finales marquent le début
du règne Borg-Evert. De 1974 à 1981, le suédois Bjorn Borg va
dominer le tournoi en remportant 6 fois la finale. Le plus titré
de l’histoire du tournoi. Du côté des dames, Chris Evert fait
de même avec 7 victoires, entre 1974 et 1986.